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20 au 23 Mai 2004
Grasse
Expo Rose

Parfum de Chine
33ème exposition internationale de roses




Dans la vie quotidienne, la plupart des gens utilisent leur voix pour communiquer, mais sur scène, un danseur parle avec son corps. Tout comme la langue chinoise, la danse chinoise a un vocabulaire, une sémantique et une syntaxe qui lui sont propres, et qui permettent au danseur d'exprimer ses pensées et ses sentiments avec grâce et aisance.

La danse chinoise est apparue avant même les premiers caractères chinois. Des vases en céramique découverts sur le site archéologique de Souen Kia Tchai ( dans la province occidentale de Tsinghai, en Chine continentale ) sont ornés de danseurs aux couleurs éclatantes. Les recherches archéologiques révèlent que dès l'époque Yang-Chao, au néolithique, quatre mille ans avant Jésus-Christ, il existait des chorégraphies complexes : on a ainsi retrouvé des décorations représentant des groupes de danseurs évoluant les bras entrelacés, martelant le sol et chantant sur un accompagnement musical.

Pendant les périodes Chang et Tcheou, au premier millénaire avant Jésus-Christ, les danses étaient divisées en deux catégories : les danses civiles et les danses militaires. Pour les danses civiles, les danseurs tenaient dans leurs mains des étendards en plumes symbolisant la distribution des fruits de la chasse ou de la pêche de la journée. Ces danses ont progressivement évolué en des danses utilisées lors des rites sacrificiels de l'empereur, qui avaient lieu à l'occasion d'autres rituels religieux.

Pour les danses militaires, les danseurs portaient des armes, et avançaient ou reculaient en cadence. Cette chorégraphie évolua par la suite en mouvements utilisés lors des exercices militaires. Les mouvements des mains et des pieds étaient utilisés pour exprimer la vénération envers les esprits de la terre et du ciel, pour mimer les aspects de la vie quotidienne et pour extérioriser un sentiment de bonheur partagé. Les danses étaient également un art du spectacle qui apportait une satisfaction aux danseurs comme aux spectateurs.

Après la création de l'office de la Musique, sous la dynastie Han (206av. J.-C. ap. J.-C.), l'on s'efforça de collecter les chants et les danses populaires. Au IIIème siècle de notre ère, le nord de la Chine fut envahi par les Hioungnou, Hienpei et Ts'iang occidentaux. C'est ainsi que les diverses formes de danses populaires de l'Asie Centrale furent introduites en Chine, et se mêlèrent aux danses originelles des Han. Ce mariage des styles continua jusqu'au milieu de la dynastie T'ang (618-907). La situation politique étant plus stable sous les T'ang, la danse entra dans un ége d'or sans précédent. Fondés par la cour impériale, l'Académie du jardin de la Poire, l'Académie impériale et le temple T'aich'ang rassemblaient les meilleurs danseurs du pays, qui exécutaient la « danse aux dix mouvements ». Cette danse magnifique, majestueuse et d'une incomparable somptuosité, incluait des éléments empruntés aux danses des populations de la Chine, de la Corée, du Sinkiang, de l'Inde, de la Perse et de l'Asie Centrale en une danse unique et colossale. Elle comportait une gestuelle très complexe et utilisait à profusion couleurs, décors et costumes de gala, afin de faire ressortir le raffinement des mouvements des danseurs. Des poésies, des chansons, une intrigue et un accompagnement musical étaient associés à la chorégraphie, donnant une production riche en contenu et en apparat. L''on peut voir ce spectacle comme le précurseur de l'opéra chinois. Chaque minorité de la Chine a ses propres danses. Les danses populaires reflètent les modes de vie et les coutumes d'un peuple, et en plus de leur valeur artistique, elles sont une partie précieuse de l'héritage culturel de la Chine.

En République de Chine, à Taiwan, les danses chinoises se sont développées avec dynamisme, donnant naissance à divers courants. Les jeunes danseurs commencent en général par étudier la danse classique et la danse moderne pour ensuite jeter un regard nouveau sur la danse chinoise traditionnelle. Cette ouverture d'esprit, alliée à un grand sens créatif, leur permet de trouver de nouveaux modes d'expression. Depuis le début des années 70, leurs chorégraphies originales ont rendu possible la renaissance de la danse chinoise.

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